Journée d’étude interdisciplinaire sur « les nouvelles exhibitions »

Officiellement c’était donc une « Journée d’étude organisée par l’Institut François Gény, Université de Lorraine sous la direction scientifique de Bruno Py, Professeur de droit privé et sciences criminelles à l’Université de Lorraine, avec la participation de Bernard Andrieu, Professeur de philosophie à l’Université Paris Cité ».

Ces débats avaient pour thème : « Les nouvelles exhibitions » et la parole naturiste avait bien évidement son « mot à dire » dans le carcan des idées reçues présentes également dans la sphère universitaire.

Jean-François FEUNTEUN, ex-administrateur de l’APNEL, avait décroché un petit temps de parole pour y défendre son « récit historico-juridique » bien rodé (face parfois à des contradicteurs qui, de notre point de vue, semblaient par méconnaissance de la philosophie naturiste, plus accrochés à leurs préjugés, qu’à une réelle approche scientifique).

NB L’intervention de JFF est disponible en vidéo (sur demande).

La présence de l’APNEL (Jacques & Sylvie), à l’origine du concept de « naturisme en liberté » et de la notion de « gymnophobie ou nudophobie » (pathologie reconnue et prise en charge par les psychothérapeutes), a bien évidement été utile, d’autant que ce colloque était en quelque sorte l’un des prémices à l’exposition sur « les naturismes » qui aura lieu, en 2024, au MUCEM de Marseille et sur laquelle nos amis universitaires, Bernard et David, travaillent depuis un long moment.

Ainsi, on a ainsi pu entendre que la simple présence d’un homme traversant nu la célèbre place Stanislas constituerait un évènement inconcevable (et bien sûr lourdement pénalisable). Car pour certains de nos intervenants, la nudité serait honnie par la grande majorité de nos concitoyens. Cette assertion étant émise sans aucun sondage à l’appui (alors que notre expérience du terrain montre que la cyclonue en ville ou la randonue dans la nature, par exemple, ne suscitent au maximum que 4 à 5% de réactions hostiles).

Chiffres encore confirmés lors de notre dernière randonnée, entre Saint-Malo et Cancale, le 22 juin dernier, avec à la clé une cinquantaine de personnes croisées dans « notre plus simple appareil » et une seule ayant émis des doutes sur l’acceptabilité sociale de notre pratique avec comme maigre argumentation sa gène et le prétendu risque traumatique chez l’enfant. Ce qui reste bien évidement à démontrer tant la simple nudité est plutôt bien vécue chez les enfants (avant qu’ils ne soient malheureusement conditionnés par un environnement social pour le moins pernicieux).

Autres exemple que l’on a pu mettre en relief lors du débat en fin de journée : le fait que ce ne soit que les hommes qui soit concernés par la nouvelle loi à l’encontre du voyeurisme. S’il était constaté que seul les hommes seraient coupables de cette « indélicatesse », c’est peut-être aussi parce que les hommes ne portent de jupe. Et en effet, les écossais sont aussi parfois « victimes » de la curiosité féminine. Quant à mon expérience personnelle, j’ai déjà eu affaire à une femme un peu fantasque qui prenait, sans mon assentiment, des photographies de mon entrejambes alors que je portais ma jupette de randonue.

Bref, je n’en dirais pas plus d’autant qu’une communication universitaire en sera faite prochainement !

Les nouvelles exhibitions, programme :

9h00 : Introduction
Bruno Py, Professeur de droit privé et sciences criminelles, Université de Lorraine
& Bernard Andrieu, Professeur de philosophie, Université Paris Cité

9h15 : Pudeur et semi-nudité à Physiopolis
David Lorenté, Doctorant en Sciences du Sport, Université Paris Cité

9h30 : Le délit d’exhibitionnisme
Léa Lepoix, Doctorante en privé et sciences criminelles, Université de Lorraine

9h45 : Sur la crudité de la nudité intégrale au Sparta Club
Bernard Andrieu, Professeur de philosophie à l’Université Paris Cité

10h00 : La colère féministe dans l’espace public
Mélodie Marull, Artiste et chercheuse, Université de Lorraine

10h15 : Les FEMEN
Clotilde Bricot, Doctorante en privé et sciences criminelles, Université de Lorraine

10h30 : Pause

11h00 : Les besoins discrets du quotidien à travers l’exemple de la nutrition artificielle
Sophie Arborio, MCF HDR en anthropologie, Université de Lorraine, CREM

11h15 : L’allaitement
Saskia Contet, Doctorante en privé et sciences criminelles, Université de Lorraine

11h30 : L’impudeur artistique
André Moine, MCF en droit public, Université de Lorraine

11h45 : Echanges avec la salle

 12h00 : Pause déjeuner

Les nouvelles pudeurs

14h00 : Faut-il brûler les fresques obscènes des salles d’internat ?
Alain Giami, Directeur de recherche Emérite INSERM / CESP – Villejuif, Vice-Président de WAS (Association Mondiale pour la Santé sexuelle)

14h15 : La pénalisation du revenge-porn
Claire Lahuerta, Professeur d’arts, Université de Lorraine, CREM
Julie Leonhard, MCF HDR en droit privé et sciences criminelles, Université de Lorraine

14h45 : Naturisme, nudisme et Droit
Jean-François Feunteun, Président de l’Association FestiNATUR’

15h00 : La pénalisation du voyeurisme
Caroline Lacroix, MCF HDR en droit privé et sciences criminelles, Université Paris Saclay

15h15 : La répression de l’outrage sexiste
Jean-Baptiste Thierry, MCF HDR en droit privé et sciences criminelles, Université de Lorraine

16h00 : Conclusion
Bruno Py, Professeur de droit privé et sciences criminelles, Université de Lorraine

Contact : ifg-contact@univ-lorraine.fr

2 réflexions sur “Journée d’étude interdisciplinaire : « les nouvelles exhibitions »”

  1. Modération

    Une autre conférence avait été organisée par « Le Mans université ».

    Son Auteur : Sylvain Villaret | Enseignant-chercheur en histoire du sport et de l’éducation physique à Le Mans Université, laboratoire Temps, Monde, Sociétés (TEMOS – UMR CNRS 9016).

    L’un des chapitres concernait l’APNEL :

    Vers une nouvelle « humanuté »
    En 2007, a d’ailleurs été créée l’Association pour la Promotion du Naturisme En Liberté (APNEL). Son objectif : que soit « modifié l’article 222-32 du code pénal français afin que la simple nudité ne soit plus assimilée à de l’exhibition sexuelle, pour être en conformité avec la législation des autres pays européens ». Comptant 270 adhérents en 2017, l’APNEL vient en aide à ceux et celles qui ont été arrêtés lors de randonues « non déclarées » en les assistant lors de leur procès et en organisant des souscriptions.

    Avec Jacques Frimon, un des initiateurs de l’APNEL, les promoteurs de cet idéal de nudité se définissent non seulement comme des naturistes mais, plus encore, comme des « nudiens ». La nudité est ainsi entendue tout à la fois comme un idéal, un absolu et une libération. Elle doit organiser une société plus tolérante, démocratique et dégagée du diktat des apparences. De 2016 à 2018, signe des temps, les représentants de l’APNEL participent à la fête de l’Humanité et obtiennent le droit de tenir leur stand entièrement nus.

    Sources :
    https://www.univ-lemans.fr/fr/recherche/the-conversation.html
    https://theconversation.com/le-naturisme-soffre-t-il-une-cure-de-jouvence-185519

  2. Le naturisme est donc de plus en plus débattu à l’université. Reste à l’introduire également dans les débats de l’École nationale de la magistrature (ENM) et de l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur (IHEMI).

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