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Le nu est partout, le nu n’est plus tabou !

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(@apnel)
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Le nu est partout, le nu n’est plus tabou

Mais la surexposition de la nudité dans la société ne rend pas forcément la nôtre plus confortable.

«J’ai vraiment eu un choc devant les nus de [url= http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucian_Freud ]Lucian Freud à Beaubourg », témoigne Ninon, 36 ans. « Et je n’ai pas été la seule : autour de moi, c’était la même fascination, le même trouble. On a l’habitude de voir des corps tellement parfaits qu’ils n’expriment rien d’intime, on en oublie même qu’ils sont nus ! Alors que devant ces tableaux, ces ventres à bourrelets, ces cuisses énormes, j’ai senti que j’étais face à la vraie nudité, dans ce qu’elle a de plus vulnérable, et de plus frappant aussi… » Un choc visuel et émotionnel qui n’a rien à voir avec l’effet produit par ces corps jeunes, minces et fermes exhibés sans relâche dans la pub, la mode ou le cinéma.

Le règne des contradictions

Tout se passe comme si la banalisation de la nudité pornographique – débordant largement de la scène du X –, qui morcelle, maquille et dépouille le corps de sa dimension animale (acteurs épilés, siliconés, tatoués…), avait, paradoxalement, rendu la nudité naturelle plus transgressive. « C’est d’ailleurs celle-ci, imparfaite et sans artifices, que l’on retrouve dans certains mouvements citoyens pour dénoncer telle ou telle cause », avance le sociologue Christophe Colera. « Ce que j’appelle la nudité d’affirmation. » Ainsi, le photographe Spencer Tunick faisant poser sept cents personnes dévêtues au milieu des vignobles du Mâconnais en septembre 2009 pour Greenpeace.

Le sociologue distingue trois façons d’être nu : la nudité fonctionnelle (je me déshabille pour me doucher), la nudité comme humiliation (celle du prisonnier de guerre) et enfin la nudité comme un don (l’érotisme, la sexualité). C’est bien cette dernière qui est au cœur de tous les enjeux sociaux et intimes.

Il y a encore quelques décennies, avant les années 1970, le corps était peu visible dans la société, et la nudité strictement réservée à l’intimité, d’où sa forte charge sexuelle. Aujourd’hui, le sein qui jaillit hors du décolleté d’une actrice ou les gros plans sur des people ayant oublié leurs sous-vêtements font glousser ou soupirer les plus blasés. Mais ce n’est pas pour autant, assurent les thérapeutes, que les hommes et les femmes sont plus à l’aise avec leur propre nudité. Au contraire ! « Quand je me regarde dans un miroir après avoir feuilleté un magazine ou vu un film, je mesure tout ce qui sépare les “élus” du commun des mortels », soupire Laurine, 33 ans. « Même si je sais que la lumière, le maquillage, les retouches photo sont là… »

L’intimité mise en scène

« Ce qui est frappant et très préjudiciable », constate Sylvain Mimoun, gynécologue et andrologue, « c’est que l’intime est de moins en moins le lieu de l’abandon, le refuge, et de plus en plus celui de la mise en scène de son image, du spectacle du corps. » Il y a un vrai mal-être produit par la nudité artificielle. Selon le thérapeute, même si les complexes corporels et la peur du regard de l’autre sur son corps ne motivent pas directement la consultation en sexologie, ils sont très souvent évoqués. « Cette relation conflictuelle avec son image corporelle a des incidences directes sur la relation sexuelle, sur le désir et sur le plaisir », ajoute Sylvain Mimoun. « Quand on est mal dans son image, mal dans sa nudité, on ne s’abandonne ni au regard ni aux mains de l’autre. »

Isabelle, 41 ans, avoue, gênée, qu’elle évite certaines positions qui font ressortir les bourrelets de son ventre et ses seins qui tombent. Les obsessions féminines n’ont pas changé. Elles s’élaborent toujours autour du même trio “idéal” : jeunesse-fermeté- minceur. Un triptyque hérité de l’Antiquité grecque, précise Christophe Colera, et qui correspond à une “mathématisation de l’esthétique”, c’est-à-dire à une codification très précise de ce qui est beau et désirable. Et, par conséquent, de ce qui ne l’est pas.

Mais le sociologue note que les vrais corps de la vraie vie émeuvent et troublent de plus en plus. Ils pourraient donc (re)devenir les obscurs objets du désir. La rondissime Marianne James posant nue en couverture du magazine Gala (7 octobre 2009) n’était-elle pas plus troublante qu’une énième Paris Hilton dévêtue ?

D’après Flavia Mazelin Salvi

Source : http://www.bienpublic.com/fr/permalien/article/3845943/Le-choc-de-la-nudite-vraie.html

Autres liens utiles : http://culturebox.france3.fr/all/20719/lucian-freud-et-sa-peinture-de-la-chair-au-centre-pompidou#/all/20719/lucian-freud-et-sa-peinture-de-la-chair-au-centre-pompidou
http://www.cnac-gp.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/57C293CB2BD5E0CFC12576E3003A4771?OpenDocument.

Ce message a été écrit par : jfreeman.



   
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(@apnel)
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Inscription: Il y a 3 ans
Posts: 6681
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Bonjour,

La vrai nudité devient plus transgressive ... et troublante ... Intéressant et effectivement problématique pour nous ! Je propose une selection rigoureuse des nouveaux/nouvelles sur des critères d"esthetique grecque :).

Ce message a été écrit par : dekan.



   
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