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L'état, la société et les libertés

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(@apnel)
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Posts: 6681
Début du sujet  

Se promener nu en public

Dans la plupart des États du monde, qu"ils soient progressistes ou conservateurs, il est illégal de se promener nu dans les lieux publics. Est-ce dû à l"influence d"une tradition religieuse trop pudique ? Devrions-nous tolérer qu"une personne s"exhibe dans son plus simple appareil ? Je vous propose que nous fassions l"exercice de réfléchir à la dimension éthique de cette question. Si, en elle-même, cette dernière ne présente que peu d"intérêt – étant donné qu"il n"y a, à ce que je sache, personne qui revendique sérieusement le droit de se promener nu en public – les fondements de cet interdit influencent très certainement d"autres aspects de nos lois et de nos vies.

Du point de vue purement utilitariste qui est le mien, il n"y a rien qui justifie que l"on prohibe la nudité dans les lieux publics. C"est une entrave inutile à la liberté individuelle puisque cela ne ferait de mal à personne. En ce qui a trait à la liberté civile, j"adhère presque systématiquement à la position que le philosophe utilitariste John Stuart Mill (1806-1873) défend dans De la liberté, c"est-à-dire que :

«Le seul but en vue duquel on puisse à juste titre recourir à la force à l"égard de tout membre d"une communauté civilisée, contre sa propre volonté, c"est de l"empêcher de faire du mal aux autres.»

Comme l"acte de se promener nu ne fait de mal à personne, l"individu devrait pouvoir le faire sans que l"on ne lui interdise ni qu"on ne manifeste de l"intolérance à son égard… Mais ce nudiste ne fait-il réellement de mal à personne? Dans ma réflexion sur la tolérance, j"ai soulevé le point que la personne intolérante souffrait, d"une certaine façon, des actions ou de la présence de la personne face à qui elle est intolérante.

Par exemple, l"homophobe «souffre» lorsqu"il voit deux hommes s"embrasser. Ma conclusion était que l"on devait simplement se demander qui souffre le plus entre l"intolérant et l"intoléré, puis faire pencher nos lois vers la moindre souffrance. Ainsi, celui qui voudrait se promener nu mais à qui on l"interdit souffre-t-il vraiment de cette atteinte à sa liberté ? La souffrance pour les passants qui seraient incommodés de le voir non vêtu sera-t-elle inférieure à la sienne ? On peut, sans trop risquer de se tromper, affirmer qu"être nu en public est moins important pour lui qu"il ne l"est pour les passants de ne pas avoir à voir de nudistes lorsqu"ils circulent dans les lieux publics. On pourrait donc alors conclure qu"il est parfaitement légitime d"interdire aux gens de se promener nu hors de chez eux ou des camps réservés à cet effet.

Mais cette conclusion partait d"un certain postulat. J"ai pris pour acquis que l"individu désireux de se promener nu, ainsi que ceux qu"ils risquaient de croiser, étaient des individus typiques d"une culture que je connais. Culture dans laquelle il est mal vu et bizarre d"être nu en public. Dans ce contexte, il est évident que si quelqu"un veut se promener nu ce n"est que par défi ou pour provoquer, et il est aussi évident que ceux qui le verront seront choqués. Mais si les croyances personnelles de cet individu faisaient en sorte qu"il est, pour lui, vraiment très important d"être nu dans un lieu public ? Et si les gens qu"il croisera sont tous des personnes exceptionnellement ouvertes d"esprit qui seront indifférentes face à sa nudité ?

Par ailleurs, ce qui m"agace vraiment dans ce genre de situation c"est que l"État érige nos mœurs en lois, comme pour normatiser nos us et coutumes. Une telle ingérence va à contre-courant de ce que je prône, soit la séparation de l"État et de la tradition. J"en arrive à la même conclusion que dans ma réflexion sur le port du voile, c"est-à-dire que l"État n"a pas la légitimité pour légiférer sur notre tenu vestimentaire mais qu"il devrait autoriser les établissements à se doter eux-mêmes d"un code vestimentaire. L"important est que cette interdiction émane de quelque chose de moins solide que l"État et qui puisse plus facilement être mise à jour. À la limite, qu"il s"agisse d"une loi municipale me semblerait plus légitime qu"une loi fédérale ou provinciale.

J"admets que ce que je défends ici est plus une question de principes que de conséquences. Je ne désire pas personnellement me promener nu en public et je serais probablement très mal à l"aise de croiser un nudiste sur le trottoir. Mais je me dois d"être cohérent avec moi-même. Par ailleurs, s"il n"y avait aucune loi pour interdire la nudité, il n"y aurait pas nécessairement des dizaines de gens nus dans les lieux publics. Ce ne sont pas les lois qui font les mœurs. Le regard désapprobateur des passants est souvent une menace suffisante pour dissuader les gens d"agir de façon extravagante ou incommodante. Aucune loi ne m"interdit de me promener en tutu rose avec un ananas sur la tête en criant que je suis un idiot, mais je ne vais pas le faire pour autant.

Source : http://chezfeelozof.blogspot.fr/2010/12/nu-en-public.html
Merci à "Feel O"Zof", l"auteur de ce texte qui reflète très bien la "pensée nudienne"..

Ce message a été écrit par : jfreeman.



   
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(@apnel)
Membre
Inscription: Il y a 3 ans
Posts: 6681
Début du sujet  

La séparation intellectuelle entre nudité et sexe devrait se faire au cours de l"éducation au sens large. C"est probablement ce qui se passe dans les pays nordiques surtout dans l"ambiance chaude des saunas ou froide des bains en hiver ....

Ce message a été écrit par : dekan.



   
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(@apnel)
Membre
Inscription: Il y a 3 ans
Posts: 6681
Début du sujet  

Je pense en effet que c’est le cœur du débat, séparer la nudité de toute connotation sexuelle
Mais je ne pense pas que cela se fera du jour au lendemain.

Ceux qui se disent choqués par la nudité des autres le sont très certainement en toute bonne
foi (ça n’est pas pour nous faire ch.er) et changer la loi n’y ferait rien. Ce sentiment de gêne est profondément encré en eux et la loi n’empêchera pas les regards hostiles, ni le profond malaise qu’ils pourraient ressentir

A mon avis, il faudra procéder par étapes, sur plusieurs générations pour élargir notre cercle de liberté, reformater et faire entrer au « chausse pieds » une certaine tolérance dans des esprits souvent étroits car conditionnés.

C’est la peur de l’inconnu qui rejette souvent ce qui est étranger et la nudité l’est ( hors cercle
familliale) par contre le naturisme tant qu’il se cantonne dans les centres est plutôt bien perçu

Même les randonneurs textiles qui croisent des randonneurs nus sont dans leur grande majorité très tolérants comme quoi tous les espoirs sont permis.

A défaut de changer la loi, l’appliquer avec discernement serait
déjà une bonne chose pour tout le monde en légitiment aux yeux du grand public
une certaine forme de nudité qui respecte les autres tout en condamnant les comportements
pervers pour bien marquer la différence au lieu d’amalgamer comme le fait trop souvent la justice.

Ce message a été écrit par : BAREFOOTER.



   
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